dimanche 24 octobre 2010

Melaka ou Malacca, c’est au choix!



12 Octobre 2010...

Singapore nous a remplie de belles images, une ville de discipline et de propreté qui contraste vraiment avec le reste de l’Asie! Mais toute bonne chose a une fin et un prix, il est temps d’aller explorer la Malaisie.

En quittant notre hôtel, nous n’avions pas de réelle décision prise sur comment se rendre à Melaka. Nous avions visité le terminus d’autobus la veille, ce qui nous mettait sur une bonne piste. Nous avons, on peu dire, assez d’expérience maintenant pour ne plus s’en faire avec les transports en commun asiatique. Notre idée est de faire un bout en bus vers la frontière Malaise et par la suite, trouver un autre bus vers l’ancien premier port en importance du pays.

Après notre dernier déjeuner au Subway, nous partons vers ce terminus (qui contraste pas mal avec la modernité de la ville), il est environ 10h30. Arrivé sur place, après une dizaine de minutes à marcher, un homme nous demande notre destination, il nous indique de se procurer les billets maintenant, nous pointe un bus jaune sur la rue. C’est celui qui se rend directement à Melaka (sans transfert). Au guichet, nous croisons un autre homme qui, lui aussi, nous demande notre destination, c’est le chauffeur. On achète donc deux billets et hop! Dans l’autobus! Le départ est à 11h00! Quelle chance!

Sur le chemin, nous devons franchir les douanes. Jusqu’à maintenant, nos expériences de douanes nous ont laissé un peu craintifs et nous prenons maintenant nos précautions! Être les derniers en ligne, c’est ce qu’il y a de mieux à faire. Et pendant que nous attendons, nous sommes attentifs aux comportements des voyageurs et des douaniers. Ici, tout est bien organiser. La première douane est celle de Singapore, c’est le système le plus sophistiqué que j’ai vu en termes de traitement de passeport et de rapidité. Nous obtenons notre nouvelle étampe rapidement. On reprend le bus, pour quelques mètres de route, et arrivons aux douanes de la Malaisie. Le visa touristique s’obtient à la frontière, pour une durée de 90 jours. Ce qui devrait nous laissé assez de temps pour faire le tour! Au passage, nos sacs sont scannés, aucune question encore, tout est beau! Retour au bus pour les dernières trois heures de route qu’il nous reste à faire.

La gare de bus de Melaka se situe dans le quartier nommé Sentral. On a deux options pour se rendre au cœur de la vieille ville, le taxi ou le bus local. Ici, les taxis n’on t pas de compteurs. Ils font les courses à leur prix, et bien sur, à fort prix! Nous acceptons les RM15 (5$) du premier qui s’arrête pour nous prendre, après tout, nous de savons pas quelle est la réelle distance à parcourir. Au cœur de la ville, notre chauffeur nous dépose sur Town Square, juste en face du Chinatown. La plupart des guesthouses se trouvent dans Chinatown, nous ferons le reste à pied. Soleil de plomb et journée magnifique pour marché avec un sac sur le dos! Malheureusement, nous ne trouvons rien à notre goût dans ce quartier, nous rebroussons chemin vers le quartier Sentral, en visitant tout ce qui peut ressembler à un hôtel, mais ici, il faudra mettre le prix si nous désirons une chambre propre et surtout, ce qui est rare dans les prix que nous étions habitué de payer ailleurs, des toilettes privées. Même au Laos, le pays le plus pauvre que nous ayons visité dans ce voyage, les chambres étaient plus propres, moins cher et mieux organisées! Fatigué et en perte de bonne humeur, nous décidons de reprendre un taxi pour retourner dans la vielle ville.

Le chauffeur qui nous prend pour cette course est un vrai personnage de film (Mr Magou)! Premièrement, il ne sait pas lire. Quand David lui indique sur la carte la rue où nous désirons nous rendre, il lui demande de le lire à sa place. Mais son malais n’étant pas encore à son meilleur (c’est la 1e journée quand même), je ne crois pas que le chauffeur ait compris. Il nous demande ce que nous cherchons, à quel prix, etc. Il nous dit que pour RM 100 (divise par trois pour le $CDN), nous aurons une très belle chambre !!! Décidément, ça fait longtemps que ce vieil homme n’a pas mis les pieds dans les hôtels de sa ville! Il nous propose de faire le tour de quelques établissements avec nous, ce que nous acceptons. Après tout, on a rien à perdre et il a l’air climatisé dans son vieux Toyota Crown 1984! Nous irons visiter trois établissements avec cet homme, et ne voulant pas abuser de sa gentillesse, on lui dit que nous avons choisi le dernier visité pour qu’il nous y laisse. Je crois qu’il aurait aimé continuer toute la journée!

Mais ce n’était pas le cas! Le dernier hôtel visité avait des chambres tellement petites qu’il aurait été difficile de nous y imaginer à deux là dedans! Nous reprenons notre courage pour continuer nos visites. Nous avons dû visiter presque tous les hôtels du vieux quartier. Près de deux heures de marche pour se trouver une chambre.

Puis nous retournons au Hash House Hôtel, le préposé à la réception nous offrait un « deal » de 10% sur le prix de RM118 lors de notre première visite plus tôt, que nous avions refusé. Nous lui demandions de nous faire ce même prix sur une chambre plus grande, puisqu’il n’y a personne de toutes façons dans cet hôtel. Malheureusement, il n’a pas accepté. À notre retour, nous lui disons que nous acceptions son offre de 10% d’escompte sur la chambre à RM118. À notre grande surprise (je crois qu’il n’avait pas beaucoup d’expérience), il refuse notre demande, et nous propose ceci : la chambre De Luxe, au prix de la standard, moins 10%!!! De RM 118, nous sommes maintenant rendus à RM89! Proposition acceptée, pas besoin de faire le calcul pour voir que c’est un énorme rabais, qu’il n’est pas conscient de son erreur, mais voilà, je lui donne tout de suite ma carte de crédit pour que la transaction se fasse le plus rapidement possible! Et Enfin! Nous sommes installés pour les prochains jours, dans la plus petite chambre De Luxe que nous ayons eu! Lavage de vêtements et marche de repérage en soirée, grosse journée après tout!



Premier matin à Melaka, qu’est-ce qu’on mange??? Le concept restaurant déjeuner n’est pas développé en Asie. Et notre hôtel n’offre pas de déjeuners non plus. Un moindre mal pour ce matin, nous mangerons de la pizza (pour David) et des pâtes pour moi, puisque de toutes façons, il est déjà midi.

Un peu d’histoire sur Malacca : La première mention écrite connue de Malacca provient d'un texte chinois qui relate une mission à Malacca en 1403. Située sur une grande voie de commerce international entre d'un coté la Chine et d'autre part, l'Inde et le Moyen-Orient, la cité-État devint rapidement le port le plus important de la région. Les marchands musulmans jouaient un rôle prépondérant dans ce commerce.

L'expansionnisme du royaume thai d'Ayutthaya (1350-1767) est une menace pour Malacca. En 1405, la cité cherche la protection de la Chine. L'amiral chinois musulman Zheng He vient plusieurs fois à Malacca de 1405 à 1433, à la tête d'une énorme flotte. Le quartier de Bukit Cina témoigne de l'établissement de Chinois, qui considéraient qu'il avait le meilleur Feng Shui de la cité. Le cimetière chinois de Malaka est le plus grand cimetière chinois du monde hors de Chine.

Malacca est prise en 1511 par le vice-roi portugais des Indes, Afonso de Albuquerque, parti de Goa à la tête d'une flotte de dix-huit bateaux et 1 200 hommes. La prospérité de Malacca reposait sur un réseau commercial musulman dans lequel les Portugais n'arrivent pas à s'intégrer. Avec les Portugais, le commerce de Malacca décline rapidement. La cité est prise dans divers conflit les opposants aux royaumes voisins pour le contrôle des voix maritimes. La prise de Malacca par les Portugais aura eu deux conséquences fondamentales : la rupture du réseau des marchands de l'Asie du Sud-Est insulaire et péninsulaire, et la christianisation de l'est de l'archipel indonésien.

En 1641, les Hollandais de la Compagnie hollandaise des Indes orientales, prennent à leur tour Malacca aux Portugais. Pour eux aussi, l'importance de Malacca résidait dans sa position sur le détroit. Les Hollandais signent en outre des accords commerciaux avec plusieurs États de la péninsule pour s'approvisionner en étain. Dans les années 1670, les Hollandais ouvrent un comptoir sur la côte est de Sumatra, d'où provient l'étain dont ils contrôlent le commerce avec Malacca. Les droits perçus sur ce commerce forment une part importante des revenus de la ville. Mais le commerce de Malacca entre en déclin.

En 1795 (en Europe), le gouverneur militaire de Hollande se réfugie en Angleterre devant l'invasion des armées françaises. D'Angleterre, il envoie une série d'instructions à ses administrateurs pour qu'ils cèdent les territoires néerlandais, dont Malacca, à l'Angleterre pour qu'ils ne tombent pas aux mains des Français. Finalement, Malacca est cédée aux Britanniques par le Traité de Londres de 1824, qui scelle la séparation entre la péninsule et Sumatra et la coupure du monde malais en deux.

De 1826 à 1946, Malacca fut gouvernée par les Anglais tout comme Singapore et Penang. Après la dissolution des colonies de la Couronne, Malacca et Penang participèrent à l'Union malaise, qui prendra ensuite le nom de Malaisie.

Notre première journée de visite nous mène au musée maritime en premier lieu. Un bateau, réplique des bateaux portugais à l’époque de la colonisation, fait guise de musée. À l’intérieur, l’histoire complète des différents colonisateurs depuis le 14e siècle : les sultans musulmans, les portugais, les hollandais et pour finir, les anglais. Ça grouille de monde sur ce bateau, de petit monde! Une classe de minis « Ping Pong » est en visite au musée. Tous avec leurs uniformes, ils courent et crient sur le bateau. Heureusement, ils semblent être sur la fin de leur visite, on leur laisse toute la place pour qu’ils finissent de s’exciter au maximum, nous serons tranquille par la suite!

La visite se veut bien intéressante. Tous les panneaux sont en malais et en anglais. L’intérieur du bateau est climatisé, les Portugais avaient bien du confort au 14ième siècle!!! On apprend plein de choses sur l’arrivée de la monnaie ente autre, le développement économique de l’Asie. Le point de rencontre des Indes et de la Chine, qui menait Malacca au rend de principal port de mer, bien avant Singapore. Mais malheureusement pour Malacca, elle n’est plus de taille à compétitionner avec sa voisine…

La deuxième partie du musée est moins intéressante. Des brides d’explications volées de l’autre bâtiment, la même histoire, racontée dans des salles plus formelles. Rapidement nous en faisons le tour, c’était inclus dans le prix d’entrée! C’est assez! On retourne dehors!

On reprend donc la marche, en direction de Chinatown. Sur le chemin, on longe un canal qui divise la ville en deux. Il est même possible d’y faire une balade en bateau, tout de suite après la prière! Au coût de RM 10 par personne, nous irons faire cette belle balade.

On nous fait monter à bord du bateau pour la croisière. Quelques chinois, quelques européens, nous, et quelques hommes locaux, qui n’avaient visiblement rien d’autre à faire aujourd’hui. Le capitaine prend quelques photos des touristes à bord, et il lance sa trame musicale : Rivers of Babylon, de 1978! Vous savez, LA tounne qui demeure le plus longtemps dans la tête! On s’éclate de rire en l’entendant, l’autrichienne devant nous en fait tout autant. Parions qu’elle la chante encore à ce jour, tout comme nous (même 10 jours plus tard)!

La balade, qui dure environ 45 minutes, nous fait voir les différents quartiers de la vieille ville. Principalement, le quartier chinois et le quartier malais, avec ses maisons à l’architecture bien différente de l’architecture chinoise. Au passage, des reptiles dont je ne connais le nom, font une sieste à l’ombre sur une branche, trois beaux spécimens. Le capitaine recule même pour que tous puissent prendre des photos. De retour devant l’entrée du Chinatown, on descent pour retourner marcher les rues de ce quartier.

C’est l’endroit des « bébelles ». Des boutiques de souvenirs, presque tous des choses manufacturé en Chine ou en Thaïlande! Rien de très original ici, et toutes les boutiques offrent les mêmes objets. On en fait quand même le tour, pour se divertir et pour profiter de la clim. Certaines boutiques valent la peine d’être vue pour l’architecture des lieux. Souvent, à l’intérieur de ces longues maisons, on trouve au centre, un jardin intérieur, à ciel ouvert, aménagé avec des plantes et des bassins de poissons. Magnifique. Ces maisons rappellent un peu celles de Mui Né, au Vietnam. Elles avaient la même vocation, c'est-à-dire commerciale et résidentielle, en même temps. Les commerces avaient pignon sur rue à l’avant, l’entrepôt à l’arrière, l’aire de repos au centre et chambre et séjour à l’étage. Belle balade, qui se termine au Starbuck pour un frappucino à la crème brûlée et un morceau de gâteau au fromage… Miam !

En soirée, après avoir ratissé tous les restos de fastfood de la ville, nous décidons d’essayer la gargote près du mail. C’est plein de locaux, ça grouille de monde dans les cuisines extérieures, soyons prudent avec nos choix. Un bol de nouilles sautées aux crevettes pour moi, pilons de poulet et Dry Mee (plat de nouilles assaisonnées) pour David. Encore une fois, on découvre une cuisine goûteuse et très abordable! Pour 5$CDN (pour 2), nous avons très bien mangé, et en quelques minutes seulement! Belle découverte!

Deuxième journée à Melaka, visite des différents musées. Nous commençons par un déjeuner chez Burger King, encore une fois, c’est plus un diner… Ensuite, la visite du musée islamique. Bien heureux d’en apprendre encore un peu plus sur cette religion, le musée est bien fait pour son côté instructif. La plus part des explications sont en anglais, ce qui nous permet vraiment de bien comprendre. Visite assez rapide, mais pour RM1 chacun, c’est un incontournable et nous en sommes très heureux!

Tout de suite après, la porte à côté, l’entrée de l’église catholique St-Paul. Elle se situe au sommet de la colline, de la rue, seules les marches pour y monter sont visibles. Go! Un peu d’exercice! Je vous ai déjà dit qu’il fait chaud ici? !!! Tout au haut de ces marches, les ruines d’une église du 17ième siècle, construite par les portugais, se tiennent encore debout. Des plaques de granit gravées, en une langue que je ne comprends pas, mais encore lisible malgré le temps. Sous la sacristie, les tombeaux des religieux de l’époque, quelques pièces de monnaie lancé en signe d’offrandes. Malheureusement, il n’y a aucunes explications sur le site. Retour vers le bas de la colline, la Porte St-Andrews, une des seules reliques des fortifications érigées par les portugais pour protéger leurs campements!

Tout près de là, la réplique du Palais du Sultan. Pour un gros RM 2 par personne (0.66$) on peut faire la visite de ce musée. On a rien à perdre d’aller voir! Belle représentation de la salle d’audience, mais pour le reste, l’histoire demeure très singulière. Des scènes de guerre, de bagarres armées, d’échange d’épouses (échanger comme une monnaie je dis bien!) et quelques scènes d’échanges commerciales. C’EST PLATTE! On fini presque la visite au pas de course, en plus, un groupe d’enfants viennent d’arriver, ils sont plus bruillants qu’un corp de clairons!

Nous passerons ensuite par un petit marché où l’on trouve toutes sortes de trucs inutiles pour les touristes et nous visitons rapidement une église catholique, construite par les Hollandais pour continuer notre chemin vers l’hôtel où nous ferons une petite sieste avant le souper…

Dernière attraction de la journée, une tour avec un observatoire pivotant. C’est rempli de jeunes étudiants en sortie de groupe, on doit s’assoir EXACTEMENT où le préposé nous demande, pas de négociations! Propulsé au sommet, on voit en quelques minutes toute la ville et ses attraits. La mer, les îles, les différents hôtels et mails commerciaux, le canal, les différents quartiers, la vue est bien belle. Retour à notre gargote bien appréciée. En soirée, nous préparons notre départ pour Kuala Lumpur, demain.

Cette fois, bus local pour se rendre au terminus d’autobus. Pour monter à bord de ce bus, rien de plus facile! Mettre son masque et costume de routard, sac au dos, marcher le long de la route et le bus s’arrêtera par lui-même! Pour RM1 chacun, nous serons au terminal en moins de 15 minutes. La vie est si simple en Asie!...


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