dimanche 29 août 2010

Phnom Penh et l'histoire de terreur


On nous avait prévenus qu’il y avait plus de trafic routier à Phnom Pen. En fait, on aurait pu nous dire que TOUT le trafic routier du Cambodge se trouve ici! Dans un pays de 14,2 millions d’habitants, plus de 12 millions se trouvent dans cette ville.

Nous arrivons en début de soirée, n’ayant pas encore décidé où nous dormirons pour les prochains jours. Notre nouvelle astuce est de prendre un tuk tuk et de faire avec lui le tour de quelques établissements.

En descendant de l’autobus, encore, on se fait harceler pour un tuk tuk. Il pleut un peu, il y a une vraiment beaucoup de monde, les rues sont inondées et ils veulent tous nous prendre en charge. Enfin, nous en choisissons un, on monte à bord et nous partons à la recherche. Guesthouses, hôtels, il y a de tout à tous les prix ici. Nous avions énuméré les critères pour la sélection de la chambre auparavant, c’est-à-dire, propreté chambre et salle de bain, bon lit, ni trop dure, ni trop mou, avec bonne literie, la clim, l’odeur, Wifi dans la chambre, proximité des restos, pas de coquerelles, et abordable pour notre budget de routard! David a la tâche d’aller faire les visites, tandis que moi, je reste dans le tuk tuk pour garder un œil sur les bagages. En parlant avec le chauffeur, j’ai le sentiment qu’il a bu… Il tente de nous convaincre d’aller avec lui faire le tour des attractions que nous désirons voir, mais trop insistant, il nous perd une fois arrivé à la guesthouse de notre choix.

Cette guesthouse se trouve au cœur de l’action de la ville. Nous sommes sur le bord de la rivière Tonlé Sap, qui se déverse dans le Mékong en hiver et d’où elle puise son eau pour remplir le lac Tonlé Sap en été. Une belle promenade, très bien aménagée, se trouve le long de la rivière.

Notre chambre n’a rien d’extraordinaire de l’intérieur, sauf pour le charme des volets de bois qui forment la fenêtre et la porte, mais elle a une belle et grande terrasse donnant sur la rue, d’où nous pourrons observer la vie des gens et prendre un verre tranquille en fin de soirée. On semble avoir trouvé un bon nid pour les prochains jours! Tout y est! De la propreté jusqu’au prix, c’est super! C’est à 22h00 que tout ça perd son charme… Nous sommes situé en face de la discothèque la plus ‘’in’’ de la ville! Musique, va et vient dans la rue, embouteillage de motos, autos et camions, les filles qui crient à la sortie du bar, les klaxons pour des riens… Le bruit est intensément trop fort… impossible de dormir paisiblement, en fait, impossible de dormir tout court!

Au lendemain, puisque nous avons déjà payé pour 2 nuits, nous demandons de changer de chambre. Sans problème, la gérante de l’établissement semble bien consciente du problème de bruit dans cette chambre et nous déménageons dans une chambre avec vue sur la rivière, petit balcon, pas beaucoup de charme, mais où il sera possible de dormir sans trop de bruit!

Depuis que nous sommes au Cambodge, nous avons l’occasion de faire plusieurs lectures sur les guerres qui ont ravagées le pays pendant plus de 20 ans à partir du début des années 70, et surtout sur la plus sombre partie de l’histoire du pays, l’arrivée au pouvoir des Khmers Rouges en 1975. Un petit résumé de ce que j’ai lu, vue et appris pourra vous donner un bref aperçu de ce que les cambodgiens ont vécu…

En 1970, le Cambodge est au centre du triangle de querelles idéologiques impérialistes de l’époque en Asie du sud est… En pleine guerre du Vietnam, les Capitalistes Américains (alliés Thaïlandais à l’ouest et Sud Vietnam à l’est), l’URSS communiste (qui soutiens le Nord Vietnam) et la Chine qui à toujours eu une vision de contrôle sur toute l’Asie du sud est (soutiens en armes la montée au pouvoir des Khmers Rouges). Le pays est trop petit et trop pauvres pour ne pas être pris au piège à travers cela! Entre 1970 et 1975 environ 800 000 personnes sont victimes de divers conflits au Cambodge… Le gouvernement de Lon Nol (allié des américains) s’attaque au Cambodgien d’origine Vietnamienne, les américains bombardent une grande partie du pays pour couper les moyens de transport des Nord Vietnamiens, les Khmers Rouges maintenant armées commencent leur offensive idéologique et les Viêt-Cong mènent également des offensives sur le pays.

En 1975, les Khmers rouges ont recruté une grande partie de la jeune population rurale de tout le pays non seulement par l’idéologie mais surtout parce que de s’enrôlé pour les Khmers Rouges était une porte de sortie pour eux plutôt que de souffrir dans les rizières ou dans les champs et ils y voyaient un moyen de devenir quelqu’un... Les combats dans la jungle et la brousse firent d’eux de redoutables combattants sans pitié pour l’ennemi ! Le 17 avril, les KR prennent la capitale Phnom Penh et proclame ‘’l’année Zéro’’ et en l’espace de 48h, un événement presque inimaginable se produits… ‘’Les libérateurs’’ procèdent à l’évacuation TOTALE de Phnom Penh !! 2,5 millions d’habitant et de réfugiés sont déportés de forces vers les campagnes du pays… Environ 400 000 personnes perdent la vie seulement lors de l’évacuation surtout des vieillards, malades, handicapés et enfants ! Le but étant de mettre tout le monde au travail dans les rizières pour assurer l’autosuffisance alimentaires du pays. Pendant l’évacuation, la population est triées en 3 catégories : les militaires de l’ancien régime sont exécutés, fonctionnaires et intellectuelles (incluant toute personnes qui porte des lunettes ou possède un crayon) sont classées comme suspect et sont amené dans des villages dit ‘’spéciaux’’ et le reste classé sous l’appellation de ‘’peuple’’ doit regagner sont village natal et travailler pour gagner son riz quotidien… Nous sommes ici en 1975 …. Et non pas au 18e siècle … Pendant que Montréal se préparait à accueillir les olympiques !!!

Progressivement, toute la société cambodgienne est réorganisée sous un modèle militaire… Les rares privilèges (rations supplémentaires) sont réservés aux soldats qui ont participé à la révolution. Tout est remis en questions : les gens doivent changer de nom, le salut avec la main est banni, la lecture es remplacé à l’école par des chants révolutionnaires, les enfants appartiennent à l’organisation suprême et non pas aux parents, les époux sont choisi au hasard et son jumelé à de parfait inconnu, les moines sont persécutés, les chrétiens sont accusés d’aidé la CIA et la communauté Cham (musulmanes) est presque entièrement massacrés. Les KR organisent cependant des élections … seul problème, les candidats sont des cadres militaires et les électeurs doivent être militaires …

Sans hôpitaux (interdit d’accès si non militaire), médicament et médecins (tué parce qu’intellectuels), les citadins venu de la ville n’aurons aucune chance dans les rizières sous le soleil, affamé et forcé au travail ce qui fait parti du ‘’plan’’ des KR qui ne veulent plus de ces gens là… De plus, n’importe quel prétexte est bon pour éliminer toutes personnes qui semble plus intelligent que la moyenne ou qui est non conforme aux idéologies, par exemple un jeune qui porte les cheveux long ou toute personne qui connait une langue étrangère sont exécutés sans raison … Pour économiser les munitions, ont fracasse les têtes des condamnées à coup de pioches et on tue les enfants en les projetant têtes premières contre un arbre. Si une personne est éliminée, toute sa famille y passera également pour éviter toute vengeance dans le futur. Les charniers se multiplient aux 4 coins du pays… Fin 1975, environ 2 millions de Cambodgiens auront perdu la vie en raison de l’idéologie… Un communiqué des KR mentionne que 1 millions de jeunes sera suffisant pour bâtir le pays qu’ils veulent…

Le règne des KR durera presque 4 ans sous le contrôle de Pol Pot… Cependant leur haine envers les vietnamiens (ennemis naturels depuis toujours) et leur volonté de reconstituer l’empire d’Angkor causera leur perte. Fin 1978, les vietnamiens envahissent le Cambodge et chassent les Khmers Rouges de Phnom Penh. Pour mettre la population de leur côté, les Vietnamiens ont la brillante idée de mettre des Cambodgiens au pouvoir … Donc, un certain Hun Sen (un ancien Khmers Rouges repenti) qui est toujours à l’heure où l’on se parle le premier ministre du pays.

Pendant ce temps, les KR se sont replié dans la jungle à la frontière de la Thaïlande et utilise un nouveau moyen diabolique pour tenté de déstabiliser le nouveau régime … LES MINES… Le Cambodge est le pays le plus miné de la planète encore aujourd’hui. Pour affamé la population, ils placent les mines volontairement dans les champs et les rizières… Mais les Vietnamiens ne sont pas au Cambodge pour le profit ou le pouvoir, bien trop occupé à constitué leur idéologie communistes dans leur propre pays, après en avoir sorti tour à tour les français et les américains. Donc, seul en souffriront les Cambodgiens. Famines et un nombre incroyable de mutilés s’installent dans le pays, ce qui attire le regard de la communauté international qui enverra de l’aide … Bien évidemment une grande partie de cette aide transige par la Thaïlande et sera détourné par les KR !! Jusqu’en 1989, les conflits, se multiplieront….

Avec la tombé du Bloc soviétique en 1989, le Vietnam perd son allié principale et doit se rapproché de la Chine qui soutiens depuis toujours les KR… Les vietnamiens se retirent et les Khmers Rouges signent le cessez-le-feu. En 1991, à Paris, un accord de Paix est enfin signé entre tous les rivaux de cette guerre puis les casques bleu de l’ONU débarquent en grand nombre dans le pays… La plus importante opération de l’histoire de l’ONU commence au coût de 2 milliards de dollars, ils devront remettre le pays sur pied…
Notre première journée de visite ce consacre à ces terribles évènements. Nous allons voir Killing Field en premier. C’est à cet endroit que les gens étaient amenés pour être tué et enterré. Il n’y a pas grand-chose à voir sur place, les bâtiments ayant été détruits pour la plus part. Mais l’ampleur des sauvageries, qu’ont été victime plusieurs milliers de personnes, parle d’elle-même.

À l’entrée du site, un énorme Stupa (tour commémorative bouddhiste) a été érigé, avec à l’intérieur, les crânes et quelques pièces de vêtements qui ont été découvert lors de l’excavation des fausses, il y a environ une trentaine d’année. À proximité du Stupa, ‘’trous’’ dans le sol aux endroits où ils ont ‘’sorti’’ plusieurs ossements, mais aussi, tout au long de la promenade, des descriptions des massacres qui ont été perpétrés. Tel un arbre sur lequel on éclatait la tête des bébés en les tenants par les pieds. Ils étaient vraiment barbares. Et tout ça n’est pas plus vieux que moi.

Sur les sentiers qui sillonnent le site à travers les différentes fausses, j’ai trouvé deux dents, quelques ossements et des pièces de vêtements qui remontent à la surface avec le temps. Pour finir la visite, on nous présente une vidéo nous expliquant comment le site a été découvert, combien de corps ont été mutilés à cet endroit, combien de temps ces barbaries ont durées, les différents procès en cours, etc...



Nous avons ensuite visité le site de détention des prisonniers des Khmers Rouges, au centre de la ville de Phnom Penh, S-21. Le Musée Tuol Sleng.

http://fr.wikipedia.org/wiki/S-21




Ici, les informations sont détaillées et soutenues par des photos. Le tout vous donne la chaire de poule. C’est horrible. Nous faisons la visite de ce site, qui était une école avant de devenir un camp de concentration, tous en silence. Des lits de torture en métal, sur lesquels on branchait l’électricité, des cellules où étaient entassés des dizaines de personnes, des outils de torture, et une collection de photo pour les âmes ‘’insensibles’’. C’est à en faire des cauchemars. La visite se veut très enrichissante pour l’histoire, mais les mots me manquent pour en décrire les émotions qui défilent dans ma tête et mon cœur.

Encore une fois, je savais que le Cambodge était un pays ravagé par la guerre. Mais je ne connaissais pas l’envergure de celle-ci, qui m’étonne et m’attriste. Je me souviens maintenant qu’en quatrième ou cinquième secondaire, un nouvel élève est arrivé à mon école, Pirum Var. Un cambodgien, que les Pères Maristes parrainaient. Il était réfugié, de je ne savais quoi, ni pourquoi… Maintenant, je sais trop bien…



En soirée, steak et patates pilées sont au réconfort de nos âmes! Un bon souper et de belles jasettes sur la cam avec Nicole pour lui souhaiter un Joyeux Anniversaire et avec papa, maman et tante Jacinthe, pour raconter nos péripéties! Tout comme les patates pilées, ça fait du bien les jasettes!!!

Deuxième journée de visite, au programme, le Palais Royal et le Musée National. Après un bon déjeuner au Camory, notre resto préféré de Phnom Pen, nous marchons le long de la rivière jusqu’au Palais. Celui-ci est fermé entre 12h00 et 14h00, ce qui nous donne le temps d’aller visiter le musée.

Le musée est en fait une grande galerie qui parle d’un seul sujet, Angkor. Plusieurs statues que j’avais crues pillées par des voleurs, se retrouvent en fait ici. Finalement, ils ont pris plusieurs pièces pour éviter justement de se les faire volées! Des bouddhas, d’autres bouddhas, encore des bouddhas… et au centre, des étangs où on peut nourrir les poissons! J’ai eu plus de plaisir à nourrir les poissons pour 0,50$ que toute la visite en soi! C’est bien beau les bouddhas, mais je n’en fais pas une fixation!

14h15, en route pour le Palais. Prix d’entrée élevé! 6,25$ par personne! 6$ annoncé, et 0,25$ pour la préposée je présume… On nous suggère en plus un guide pour 8$, une aubaine puisque nous sommes deux. Non merci! On va se débrouiller…

Visite un peu banal, surtout après l’envergure de celles d’hier. Nous faisons le tour assez rapidement. On voit le trône, une vieille résidence coloniale, un Stupa d’argent, des bouddhas, l’histoire racontée par de vieilles peintures sur les murs, dont j’ai préféré la version de David qui avait sa propre définition de chaque image… Retour à la maison sous la pluie.

Demain matin, nous partons pour Sihanoukville! Enfin nous verrons la mer!

Tous les commentaires, que nous avons entendus jusqu’à présent sur cette ville, sont négatifs. Il pleut, ce n’est pas beau, c’est pauvre, la mer est salle, etc.… On ne s’attend à rien, on verra bien!

vendredi 27 août 2010

Siem Reap et Angkor, la richesse du Cambodge

Siem Reap et Angkor


De Khompong Cham à Siem Reap, nous avons eu l’immense plaisir de voyager en bus karaoké! Et oui, encore, du bruit, des arrêts inutiles et 5 heures de route un peu pénible. Malgré que nous voyagions dans les bus VIP, le confort reste très sommaire, mais soyons indulgent et compréhensif, il y a pire dans la vie!

Nous arrivons donc, samedi le 14 août, à la gare de bus, qui se trouve à quelques km de la ville. Avant même de descendre, nous sommes repéré par les chauffeurs de tuk tuk (mototaxi) qui veulent bien nous aider! Pour 2$US, ils nous proposent de faire le tour de quelques hôtels et guesthouses pour trouver ce qui nous convient, ils connaissent les prix et sont de très bons guides. Après une tournée de 4 ou 5 établissements, notre choix s’arrête sur la Tanei Guesthouse. Un super endroit avec une piscine, un bar lounge extérieur et des chambres correctes, avec la clim! Tout ça, pour 22$US la nuit.

Pour la fin de la journée, on se la coule douce, je dors un peu pour faire passer la migraine karaoké, et nous nous rendons au centre-ville pour voir le ‘’night-life’’ de cette ville. Wow! C’est super! Outre les tuk tuks qui sont un peu insistants, notre promenade est très agréable dans cette ville de touristes et de vacances. Au cœur de celle-ci, nous n’avons pas l’impression d’être totalement au Cambodge. J’ai plutôt l’impression d’être au Mexique, sur une rue remplie de terrasses, de pubs, de restos et de boutiques souvenirs. Que j’aime cette ambiance! Vraiment! On repère un resto mexicain, qui se dit avoir le meilleur Margarita du Cambodge! On s’y installe pour manger de bons nachos, une bonne bière et une sangria! Miam!!! Dodo tôt, demain on profitera d’une belle journée à la piscine!

Tel qu’annoncé, nous avons passé notre journée à la piscine de notre hôtel. Avec nous, quelques français que nous avions croisé lors de la visite du Plateau des Bolovens, au Laos. Ils sont très gentils, on raconte nos voyages à tour de rôle. Une journée très agréable à profiter d’un soleil magnifique et d’une piscine presque privée. Quelques jours avant d’arriver à SR, nous avions eu des nouvelles de nos amis français du tout début du Laos, Florence (Flan) et Gaëtan (Catin). Ils sont aussi à Siem Reap pour quelques jours. On se donne rendez-vous devant le resto mexicain de Pub Street où nous avons mangé la veille. Nos amis n’ont jamais mangé mexicain, c’est donc une bonne occasion pour David de pouvoir commander des ailes de poulet à nouveau! Encore, belle soirée à nous raconter nos parcours, nous décidons d’aller visiter le site d’Angkor tous ensemble demain. Jusqu’à maintenant, des temples, on en a vu un et un autre… et c’est sans attente vraiment que nous allons faire la visite de ce site dont tout le monde parle ici.

Qu’est-ce que Angkor… Ce fut la Capitale de l’empire Khmer qui aura dominé la région (Laos, Cambodge, Vietnam et Thaïlande) pendant plus de 500 ans entre le 8ème et le 13ème siècle. À proximité du grand lac Tonle Sap, de la rivière Siem Reap et entouré de plaines propices à l’agriculture, l’endroit étais parfait pour y implanter cette immense ville de 800 000 habitants (La plus grande ville au monde à l’époque et la seule à atteindre cette taille avant l’ère industrielle) s’étendant sur près de 3000 Km carrés. Ils y ont érigé un grand nombre de temples, palais, sanctuaires et systèmes d’irrigations qui fit d’eux un peuple très prospère… Celui qui contrôle l’eau, contrôle tout! Par exemple, un des immenses bassins de rétention construit à main d’homme (avec l’aide des éléphants) occupe une superficie de 8 km par 2km…

L’empire tomba probablement en raison de problème de querelles internes (de successions entre les rois), de guerres contre les Siam, les Chams et les Viet puis des problèmes de surpopulations, d’inondations, etc. Finalement, ceux qui reste de l’empire Khmer s’établiront en bordure du Mékong à environs 220 Km au Sud Est et fondèrent Phnom Penh (Actuelle capitale du Cambodge). Angkor étant laissé à elle seule, dans la jungle, du 13e au 18e siècle… Le site commencera à être restauré en 1907 par les français qui colonisaient le pays à cette époque… Puis sera à nouveau pillé et saccagé par les Khmer Rouges entre 1975 et 1979, ils voulaient anéantir toute forme de religion et de lieux sacrés… De nos jours, le site est protégé par l’UNESCO et la France, le Japon, les États-Unis et beaucoup d’autre pays apportent leur soutien à la reconstitution des différents sites…



http://fr.wikipedia.org/wiki/Angkor


Départ à 8h30 par une belle journée chaude, après avoir mangé un bon déjeuner pour moi et apporter celui de David : Un bon Cropue Monsisur! (nous croyions que c’était une faute dans le menu, mais tous le disent de cette façon! C’est en fait un Croque Monsieur!) Nous avons donc rendez-vous au coin de la rue pour se trouver un tuk tuk et partir à la découverte d’Angkor. Ce site est tellement gros, il y a trois routes possibles pour visiter les sites les plus rapprochés.

Puisque nos amis en sont à leur deuxième journée de visite, et que nous sommes quatre à payer le tuk tuk nous choisissons de faire la route la plus longue. On trouve un chauffeur qui nous fera la visite pour 15$US, toute la journée à nous mener d’un temple à l’autre, et à nous attendre durant les visites!

Nous arrivons sur le site, on achète une passe pour trois jours, applicable sur une semaine, au prix de 80$US pour deux. Dès notre entrée, nous sommes transportés par l’envergure de ce que nous voyons. Je vous laisse découvrir, à travers l’œil de mon comparse, l’immensité et la beauté de ce lieu sacré …

Le grand circuit fait le tour de plusieurs temples et palais et nous visiterons aujourd’hui en compagnie de nos amis :

Preah Khan (un immense temple qui était en fait le centre d’une ville de 50ha entouré de douves et de fortifications)


Neak Pean (un grand basin entouré de 4 plus petits bassins avec, au milieu, un sanctuaire pour les moines)

Le mebon Oriental (un temple, avec plusieurs tours, qui se trouvait auparavant au centre d’un immense réservoir d’eau et entouré d’une ville)

Pre Rup (un anciens temple funéraires datant de 961 qui est passablement démoli mais quand même très beau)

La visite de chacun de ces temples nous prend en moyenne 1h chacun et avec la chaleur, le soleil qui tape, en fin de journée nous sommes tous très fatiguer et rentrons à nos hôtels respectifs vers 16h pour une belle sieste. Mel et moi finirons cette journée au resto de l’hôtel avec un bon repas et des petites bières en fut à 0,50$ !! Bien mérité !



http://fr.wikipedia.org/wiki/Angkor_Vat




L’achat du billet de trois jours s’avère le meilleur investissement de ce pays, jusqu’à maintenant! On comprend pourquoi tout le monde ne parle que de ça. En fin de journée, alors que le soleil commence à descendre, nous y retournons cette fois pour n’en voir qu’un seul, le plus imposant, le Angkor Vat, et nous aurons environ 2 heures pour en faire le tour. Sur le chemin du retour, on croise quelques singes qui cassent la croûte, l’un avec un sac de riz collant, l’autre avec un bout de canne à sucre, chacun y trouve son compte et notre présence à quelques mètres ne semble même pas les déranger!

http://fr.wikipedia.org/wiki/Angkor_Thom


Dernière journée de la visite, le petit circuit qui comprend Angkor Thom, le Bayon, Baphuon, la terrasse des éléphants, Ta Phrom… (Je nomme ici seulement les sites que nous avons visité) Même stratégie qu’hier pour la visite mais un peu plus tôt, nous partons vers 3h, pour environ 3 heures et bénéficier d’un soleil couchant pour les couleurs. Cependant, la journée est plutôt grise, mais tout de même, le coup d’œil en vaut le détour. Tout au long de ce circuit, plusieurs temples sont en restauration. Nous pouvons quand-même nous promener dans les couloirs de pierres, essayer de comprendre comment les arbres ont pu pousser sur le dessus des murs, avec leurs gigantesques racines qui rejoignent le sol.

Angkor est, à ce jour, le plus beau et le plus imposant site historique que j’ai visité. Nous aurions pu y retourner tous les jours, revoir, encore et encore, les mêmes temples, en découvrant quelque chose de nouveau à chaque fois.

Il est l’emblème du Cambodge, considéré comme la 8ème merveille du monde, protégé par l’UNESCO, restauré en partenariat avec plusieurs pays… et dire que je n’en connaissais même pas l’existence auparavant…

Demain, encore un petit bout de route pour nous approcher doucement de la mer. Nous allons à Phnom Pen, la capitale du Cambodge. C’est dans cette ville que nous comprendrons un peu mieux ce qui s’est passé lors de la prise de contrôle par les Khmers Rouges, dans les années 1970-80. Quoi que, je ne crois pas qu’il soit possible de comprendre une telle terreur…


vendredi 20 août 2010

Kompong Cham

Kompong Cham


Voici la ville où notre intérêt aura été le plus bref! Résumé rapide :

- Arrivée après de trop longues heures de bus bruillantes, avec un chauffeur qui arrête aux 100 mètres pour faire ses propres courses

- Migraine bien implantée à l’arrivée!

- Tuk tuk pour 1$US pour trouver un hôtel

- Après 2 visites, on choisi le moins cher!

- Lits simples dans la chambre, on devrait bien dormir… (!!!)

- Diner et souper dans le même resto, tenu par un français prétentieux qui ne veut pas de moutarde jaune dans un pot en plastique dans son resto… C’est bon la moutarde jaune! : P

- Promenade sur le bord du Mékong, où nous assistons à plusieurs danses en lignes!



Demain, Ciao! Bye! Vite! Vite! Siem Reap!

OH! le Cambodge!!!



Nous y sommes, au Cambodge. Le pays le plus pauvre de l’Asie du sud-est. Le pays où l’on sent encore la dévastation de la guerre qui n’est terminée que depuis quelques dizaines d’années. Pays où les gens vivent comme ils peuvent à travers cette pauvreté visible et la corruption des riches, elle aussi, franchement visible.

Nous étions donc en repos total sur notre île de Don Khone, au Laos, et de là prenions un bus pour traversé la frontière et nous rendre à Kratie, Cambodge, question de voir du pays, et surtout, ne pas devoir se taper près de 15 heures de route.

Près de 45 minutes après notre départ, nous sommes déjà au poste frontalier du Laos. Jusqu’à maintenant, nous n’avions pas beaucoup ressenti de signes de corruption chez les laotiens, seulement à l’arrivée à Boten, (où notre visa nous a coûté presque le double) jusqu’à cette frontière… Nous devons faire étamper notre passeport pour valider notre sortie du pays. Nous avons bien appris de notre expérience à la frontière Nord, nous passons désormais en dernier pour analyser les magouilles et les contourner. En file, nous attendons notre tour, ce qui nous permet de voir ce qui se passe et d’analyser le comportement des douaniers. Les premiers paient 2$ US par personne, certains paient en Kip, et ne prennent pas le temps de calculer (ils se voient donc payer environ 20$ par personne), et d’autres, comme une famille d’allemands décident de ne pas embarquer dans le jeu des douaniers, de faire des pressions et des menaces, et réussi à payer 1$ US par personne! Heureusement, cette fois, nous sommes à la fin de la file et nous bénéficions de cette querelle pour payer moins cher!

Passons la frontière à pied, notre bus étant déjà de l’autre côté. Sur ce bout de chemin, un poste de contrôle de la santé et de quarantaine. Arrêt obligatoire, nous devons remplir une fiche, faire prendre notre température à partir d’un thermomètre qu’on vise près de notre front (ridicule!). Ensuite, on nous invite à se rendre au poste des visas. Encore là, nous remplissons une autre fiche, avec les mêmes renseignements, auquel on ajoute une photo cette fois. Le prix est de 23$ US, soit 20$ pour le visa (tel qu’indiqué sur le site du gouvernement), et 1$ pour chacun des trois agents qui s’occupent de vous le délivrer. Noter que sur le visa, près du nom du détenteur, il y a inscrit ‘’Fee’’. Cet espace est délibérément laissé en blanc, parce que le prix est sujet à changement sans préavis! (selon le nombre d’agents sur place, ça peut varier!!!)

Un dernier poste à passer pour être enfin au Cambodge, le poste policier de la douane. Ceux qui mettent l’étampe officielle sur le visa. Encore, les premiers ont dû payer des frais ‘’administratifs’’, ou plutôt ‘’corruptifs’’, mais puisque nous sommes toujours à la fin de la file, et que la famille d’allemands est toujours aussi insistante auprès de tous les agents corrompus, c’est gratuit pour nous cette fois!

Au total, le passage nous aura coûté que 24$US, il aurait pu nous coûter près de 30$US et il aurait dû nous coûter 20$US ! Merci à l’allemand, nous avons eu une bonne leçon de négociation et de droiture pour les prochaines frontières!

Notre première destination cambodgienne est Kratie. Une petite ville en bordure du Mékong, qui semble vivre de… je ne sais quoi. Après quelques visites d’hôtel, notre choix s’arrête sur un établissement assez gros, avec des chambres assez grandes, une belle terrasse au quatrième étage. Nous avons choisi une chambre adjacente à la terrasse, avec la clim, une grande salle de bain avec une baignoire, et en soirée, le proprio devrait avoir terminé l’installation d’internet. De plus, il y a deux génératrices dans cet hôtel, qui assurent que nous aurons l’électricité en tout temps. Ce qui n’est pas le cas dans les autres établissements visités, justement durant une panne de courant!

En fin de journée, le ciel nous tombe sur la tête! Il pleut des cordes! Une pluie torrentielle! Et notre chambre, qui fait le coin de l’immeuble, devient en quelques minutes, inondée par toute cette eau! Finalement, nous devrons changer de chambre pour en avoir une sèche, ce que le proprio ne semble pas enchanté de faire. Nous sommes donc reloger dans une autre chambre, toujours sur le même niveau, mais cette fois, pas de baignoire, une seule fenêtre, sans air qui y circule, mais bon, ce n’est que pour une nuit! Demain, nous organiserons notre départ.

Nous avions donc décidé de partir demain matin, ce qui nous permet de ‘’magasiner’’ les billets de bus auprès des différentes agences ou commerçants. Destination : Kompong Cham. De plus, nous avons quelques trucs à acheter, que nous n’avons pas eu la chance de trouver au Laos, tels une brosse pour les souliers, désodorisant et des tampons… et refaire nos provisions en pâte à dent, savon, etc. Nous nous rendons donc au marché local, trouvons tout ce dont nous avons besoin, sauf les tampons encore une fois! Pendant que nous sommes dans un kiosque à compléter nos achats, une pluie torrentielle s’abat sur nous! Très rapidement, les toiles qui servent de toit aux marchants deviennent remplies d’eau, certaines se déchirent, d’autres se déversent sur la marchandise à moitié protégé. Les rues sont inondées, remplies de boue, le réseau d’évacuation des eaux ne fournie pas. J’ai rarement vue autant d’eau tombée en si peu de temps. Nous arrivons à retourner à notre hôtel sans trop se faire tremper, les averses ici sont violentes, mais pas très longues, c’est la mousson! En après-midi, on book les billets d’autobus avec le Billy qui nous suit depuis notre arrivée, il fera une commission d’environ 0.50$, dont il sera très heureux. En plus du 1$US que nous ajoutons pour sa gentillesse, il est doublement heureux! On se retrouve donc dans une ville où il y a à peu près rien à faire, donc j’en profite pour écouter un film de fille sur HBO et David profite de la terrasse!

Cependant, en soirée, les malaises apparaissent… Nous avons mangé de la bouffe de rue hier, tel que DÉCONSEILLÉ par notre guide Routard, et là, nous en payons le prix! Notre départ prévu pour demain matin vient d’avancer de reculer d’une journée… Pour David, c’est une journée complète à dormir et manger quelques bouchées de pain. Par chance, Billy a réussi à faire échanger nos billets pour le lendemain, et ce, sans frais supplémentaires! C’est pas chez nous qu’on aurait pu faire ça!

Au lever, tout le monde va mieux, on se prépare, notre bus est à 9h30, tel qu’indiqué sur nos billets. 8h25, nous nous rendons au resto pour prendre une bouchée avant de partir et, surprise! Le bus est déjà arrivé! Nous devons embarquer… maintenant! Cinq heures de route nous attendent… avec un chauffeur lent, un karaoké à fond de train, des enfants qui crient, un ping pong qui parle trop fort, et tout un chacun avec sa propre musique sur le téléphone portable. C’est la cacophonie totale, David s’évade sur le ipod, pendant que je tente d’oublier et de faire passer ce début de migraine intense qui vient d’arriver…

jeudi 12 août 2010

4000 îles, le repos du routard...


7 Août 2010…

Pour notre dernière soirée à Paksé, où nous sommes toujours installés au même hôtel, mais cette fois, dans une chambre sans fenêtre, on se paie le luxe d’un souper digne des rois! Filet mignon sauce au poivre et frites! Confortablement assis sur la terrasse du toit de notre hôtel, un bon vent qui souffle, ce qui est plutôt rare au Laos, nous admirons la ville et le pont qui traverse le Mékong. Encore un peu d’écriture pour rattraper le retard au blog et dodo tôt, pour être en forme pour la journée de transport qui nous attend demain.

Au programme avant de partir, déjeuner, récupérer nos vêtements chez le nettoyeur et vider la chambre, sans trop se presser, notre bus n’est qu’à 14h00. Mais voilà que le nettoyeur où nous avons déposé nos choses (pratiquement tous nos vêtements) est parti pour la journée, et selon sa voisine, ne devrait revenir qu’en soirée! QUOI??? La gentille voisine et son mari tentent de rejoindre l’autre proprio pour qu’il puisse venir nous donner nos vêtements, mais en vain, impossible de le joindre. Si ça se trouve, ça nous coûtera une nuit de plus à l’hôtel, plus des dépenses de ville, plus les repas… Par chance, nous avions décidé de faire la route en bus plutôt qu’en avion, ce qui fait que nous n’avons pas encore perdu d’argent, les billets n’étant pas encore achetés.

Finalement, vers 12h15, la fille du proprio, qui était à l’intérieur du commerce pendant tout le temps que nous tentions de les joindre, se décide à venir ouvrir la porte. La voisine vient expliquer la situation à la jeune femme, puisqu’elle semble un peu effrayée par mon attitude! J’ai peut-être brassé la porte un peu fortement, et j’ai surement l’air bête! Enfin, nous repartons avec nos choses, trouvons une moto avec un ‘’side car’’ pour nous mener à la gare de bus du sud, qui se trouve à environ 8 km. On est un peu gros pour ce genre d’embarcation, mais ça tiendra le coup!

Deux choix s’offre à nous pour la route des 4000 îles : Le tuktuk ou le minibus. Le prix est sensiblement le même, l’un est une ‘’boîte de pick-up’’ avec une planche de chaque côté, rempli à craquer de monde et de toutes sortes de choses, l’autre, bien, c’est un minibus : siège plus confo, un peu plus cher, mais pour deux heures de route, ça vaut la dépense! On s’en tire pour 70 000kip pour les deux, c’est nettement plus cher pour nous que pour les locaux, mais ne nous plaignons pas, ce n’est qu’environ 9$ Can! Au bout de la route, le fleuve Mékong et ses îles…

Pour ce rendre à la première île, on nous entasse sur un petit bateau qui fait environ 30 pieds de longueur sur 3 pieds de largeur! Pratiquement un kayak motorisé! Ce bateau nous mène à Don Det (Don = île), où se trouve plusieurs guesthouses et restaurants. Chacune d’elles portent le nom de son proprio! M. Nguyen, M. Miou. Pour notre part, notre choix ne s’est pas encore arrêté sur une place précise. Nous avons décidé de marcher et de prendre le temps de repérer le meilleur endroit. Nous marchons le long de la rive, puisque nous cherchons stratégiquement un endroit avec une terrasse sur le Mékong et la clim. Et aussi, un peu à l’écart des routards fêteurs que l’on trouve un peu partout dans les guesthouses.

Après avoir perdu quelques litres d’eau à marcher avec nos sacs, on se résigne à prendre un tuktuk pour faire un bout pour se rendre à la deuxième île, Don Khone. En arrivant sur l’île, je suis séduite par de jolis bungalows situé sur le bord du fleuve (1 mètre max) avec terrasse, clim et ventilo, et un hamac! Le grand luxe pour 160 000kips la nuit, soit environ 20$ US. Il y a même un resto adjacent, c’est le grand luxe! On ne cherche pas plus loin, demain nous irons arpenter l’île pour peut-être trouver un meilleur endroit.


Au lever, nous partons tout de suite à la visite des environs. Il fait beau et nous avions un hôtel en particulier que nous voulions visiter. Sur notre chemin, on voit de vieilles villas coloniales françaises en ruines, des guesthouses en construction, des animaux qui vont librement, quelques touristes à vélo, on se sent en vacances! 

À cet hôtel qui se dit de grand luxe, nous allons visiter les quelques chambres de différents styles, tel un bungalow sur le Mékong, vraiment SUR l’eau, avec un angle assez prononcé sur le côté. Une autre, qui elle se trouve dans une réplique de villa française à un prix fou, et un joli bungalow au milieu du terrain avoisinant. Pas intéressant, nous sommes bien mieux où nous sommes déjà. En retournant à la maison, on se fait arrêter par les policiers locaux (!) qui nous demandent 20 000kip par personne par jour! C’est le frais journaliers pour tout occidentaux qui est sur l’île… On explique que nous n’allons pas visiter, que nous retournons à notre hôtel, et, l’air confus de ne pas comprendre ce que l’on raconte, ils nous laissent passer sans payer! On apprend vite notre leçon, demain, on évite le passage devant la police!
























Nous avions repéré l’ancien chemin de fer (les français ont érigé un chemin de fer entre les îles fin 18e siècle pour contourner les rapides du Mékong) à notre arrivée, nous y marchons donc quelques km pour ensuite revenir par la route jusque chez nous. En soirée, bouffe au resto de notre guesthouse et repos pour aller visiter l’île demain.

Encore une belle journée de soleil s’annonce pour nous, il fera beau et chaud! Nous allons visiter les chutes de Somphamit, qui se trouvent à environ 2 km. Le site est magnifique et la grandeur des chutes impressionnantes. Elles font 800 m de larges et puisque c’est la saison des pluies, le niveau de l’eau et la force de celle-ci, est encore une fois très intense. Nous restons quelques instants à admirer ce panorama, prendre quelques photos, avant de continuer notre chemin, pour se rendre à la plage. Plage est un bien grand mot pour ce qui est un banc de sable sur la berge, entouré de cailloux et de rochers escarpés. Pas vraiment un endroit où je viendrais passer mon dimanche après-midi! Il fait très chaud, le soleil tape fort, selon nos voisins allemands, il a fait près de 35° et très humide vers 16h00. Pas de vent, inutile de vous dire que la clim de notre chambre fonctionne à prend régime! Nous avons décidé que demain serait notre départ pour le Cambodge, nous prenons donc toutes les infos nécessaires pour organiser ce départ. Le proprio de la guesthouse nous propose des billets d’autobus pour 10$ US chacun, avec une ‘’pick-up’’ en bateau juste devant notre porte, pour nous mener au terminus qui se trouve au village en bordure de la rivière. Nous achetons donc ce forfait, en bus VIP.

Dès 8h00, le bateau est sur place et n’attend que nous. Nous prenons le temps de manger une dernière baguette avant de partir, la route sera longue je crois. Notre destination est Kratie, au Cambodge, trajet d’environ quatre heures. Encore une fois, il fait très chaud, nous faisons ici nos derniers miles en sol laotien.

Ce pays du tiers-monde m’aura impressionné par ces différences d’une ville à une autre. Entre le dépaysement de Luang Nam Tha et de son village perdu d’Akha, HoueiXai et Pakbeng qui ne voulait que notre argent, le fabuleux charme de Luang Prabang, où je serais resté encore quelques semaines, Vientiane la capitale en reconstruction, Paksé et le magnifique Plateau des Bolovens avec ses paysages grandioses et le calme des 4000 îles, où nous profitions d’un réel repos, j’ai vécu une expérience extraordinaire. Malgré ma difficulté à m’adapter au tout début, les fourmis partout dans la chambre, dans le lit, dans la douche, les moisissures sur les murs et parfois l’insalubrité de quelques lieux, les oreillers trop gros et trop durs, je sors de ce pays heureuse de l’avoir connu, d’avoir rencontré des gens heureux d’avoir si peu et de sentir parfois les ravages de la guerre sur le peuple et sur les terres.

Allons maintenant voir ce que le Cambodge nous réserve……


Paksé et les Bolovens


Paksé, le 2 Août 2010


Il est 6h05, nous arrivons à Paksé. Il pleut ce matin. Nous avons fait le trajet Vientiane-Paksé en bus de nuit, que l’on appelle aussi les sleepers bus. Dure nuit à bord de ce bus. Nous étions à l’étroit, ça brassait en masse et l’air était un peu trop recyclé à mon goût! Imaginez une vingtaine de personnes, qui dorment depuis environ 8 heures, les souliers sur les tablettes, certains, comme nous, avaient pris une douche le matin avant d’embarquer, soit il y a déjà près de 24 heures, d’autres avaient déjà ‘’sauté’’ des douches avant ce matin, il fait très chaud… Ai-je besoin de vous donner plus de détails??? Mais quand même toute une expérience que de regarder défiler le paysage couché le long de la fenêtre du bus !

On débarque au centre de la ville, avec nos sacs sur le dos et accompagné de nos amis Clémence et David, en plus d’un autre charmant couple de français. Pendant que les hommes vont à la chasse à la guesthouse, les trois filles restent bien confortablement assises sur la terrasse d’un resto pour prendre un café Lao (une bombe!!!). Au bout d’environ une heure de recherche, les hommes nous livrent leur verdict : peu cher et pas très propre ou très cher et très propre. Nous opterons donc pour un premier choix où David avait marchandé le prix, ce qui ne semblait pas intéresser le patron… Il nous confirme qu’il ne veut pas de nous en nous disant que finalement, en l’espace de 10 minutes, toutes ses chambres sont complètes! Ok, on ne le fera plus… Nous ne sommes pas en Chine ici et le marchandage n’est pas bien vu. On se retrouve au Paksé Hôtel, dans une petite chambre à un prix de fou! Mais puisque nous sommes fatigués, tout ce que nous voulons c’est s’établir et ne plus bouger! Dodo pour un bout de la journée, tentons de récupérer…

En après-midi, après avoir arpenté quelques rues et commerces, nous louons deux motos pour les trois prochains jours. Nous partirons demain matin à la découverte du Plateau des Bolovens.


http://fr.wikipedia.org/wiki/Plateau_des_Bolovens


À travers le trafic de Paksé, des motos qui s’entrecroisent, des camions, des piétons et des animaux en liberté, nous partons donc à la découverte de cette magnifique région. Notre premier arrêt, Tad Fan, les plus hautes chutes d’eau du Laos. À l’arrivée au site, derrière nous nos parisiens préférés! Clémence et David, avec qui nous avons soupé hier soir pour ce que l’on croyait la dernière fois, sont ici, en même temps que nous, dans un autre coin perdu du Laos. En leur compagnie, nous allons explorer ces chutes. C’est Magnifique comme endroit. Les chutes sont vraiment grandioses, par leur hauteur, et par le bruit de l’eau qui se déverse au fond d’un ravin. Un point d’observation est aménagé en haut des chutes. Mais où s’en vont-elles? Qu’est-ce qu’il y a en bas??? David Qc a repéré un sentier qui semble descendre à travers la jungle, vers le basin de la chute. En bon leader qu’il est, il arrive à tous nous convaincre de le suivre! Je fais quelques mètres dans la forêt humide, boueuse et ultra glissante avant de dire : Non Merci! Pas pour moi! C’est dangereux, la piste longe un ravin, pas de garde-fou, oubliez moi! Les trois autres braves continuent la descente…

Au bout d’un moment, j’aperçois Clémence, seule, sortir de la brousse! Les deux gars ont décidé de continuer, mais vu le danger, qui est clairement affiché avant de s’engager sur la piste, elle a préféré rebrousser chemin. On s’installe au resto pour attendre les gars. David Fr sort du bois le premier, nous raconte que David Qc est descendu plus bas, assez bas, qu’il s’est fait une chute-glissade d’environ cinq mètres, mais que tout va bien, qu’il devrait ressortir dans un court instant. Oh My God! À voir l’état de ses pantalons pleins de boue, de la caméra, elle aussi, pleine de boue, du rythme de son pas, il s’est vraiment ‘’planté solide’’!!! Mais tout va bien, c’est un dur! Après un diner sandwich sec au fromage sec et au jambon sec, nous reprenons la route sur nos ‘’bécanes’’! Les français roulent environ 90km/h, tandis que nous faisons du 50 au max, pour apprécier le paysage et ne rien manquer de ce qu’il y a à voir. On leur souhaite bonne route et peut-être un prochain rendez-vous durant la journée!

La route traverse plusieurs villages et plantations de toutes sortes, notamment de café. La région est bien connue pour sa richesse en différentes cultures : ananas, café, choux et autres légumes et, si on cherche un peu plus loin dans les champs bien gardés, du pot! On s’arrête entre-autre chez un producteur de café, qui offre des chambres d’hôtes et une carte de café à déguster sur place très variée. Encore une fois, l’endroit est superbe, l’aménagement des jardins qui entourent le chalet est splendide. On se fait un brin de culture en lisant sur la production tout en savourant un bon café glacé. Pas de temps à perdre cependant, nous devons nous rendre à Tad Lo, pour visiter une autre chute et trouver un logis pour la nuit.

Nous optons pour la Saisie Guesthouse, endroit de rêve avec petits bungalows dans la forêt, équipé d’air clim, le tout pour 150 000kip la nuit. Ils ont aussi une superbe terrasse sur le bord de la rivière, face aux chutes, la bouffe est bonne, c’est presque le paradis Lao! Deuxième position après Luang Prabang! Bravo! Souper, douche, dodo, s’en est assez pour aujourd’hui!

Après une bonne nuit de sommeil, nous reprenons la route, dans le but cette fois de faire un tour d’éléphant! On se rend donc à l’hôtel d’à côté qui organise les balades. En arrivant, nous sommes accueillis par des éléphants en liberté. David en profite pour faire quelques belles photos en compagnie des pachydermes, qui ne semblent pas effrayé du tout par notre présence. Nous restons tout de même prudents en évitant d’approcher trop près. Finalement, après un long et pénible mal entendu avec le manager de l’endroit, on oublie la balade à dos d’éléphant et partons à la découverte des villages avoisinants. En route, nous faisons le plein d’essence dans une station ‘’full’’ service, où pour presque le double du prix à la pompe, pompé à partir d’un tonneau et d’une ‘’crinque’’, le proprio vient de se faire la passe! Il est très heureux de nous avoir rencontré! Kop Chai Lay Lay! (Merci Beaucoup!), nous dit-il!






On continue notre route, visite brièvement une centrale hydroélectrique de l’extérieur, découvrons une autre chute qui fait au moins 50 mètres de hauteur, où on peut se promener sur le bord du ravin très aisément. On prend quelques photos, David s’amuse dans l’eau avec sa caméra et après une vingtaine de minutes, reprenons la route. De retour à la guesthouse, même ‘’pattern’’ : collation avec une p’tite bière sur la terrasse, douche, repos, souper sur la terrasse avec vue magnifique sur la rivière, et, dodo tôt!



Aujourd’hui, c’est le retour à Paksé, toujours sur nos bolides à deux roues! Sur notre chemin, nous devrions croiser les chutes Tadxe Phasouam, qui se situent au cœur d’un parc national. Une fois au site, on nous demande un 7000kip (0,90$ Can) par personne, soit 3000kip pour la moto et 4000kip pour la visite. Sur place, le site est très beau, les chutes ne sont pas très hautes mais bien larges, on prend quelques photos, certains lancent du pain aux poissons dans la rivière, d’autres marchent sur le petit pont suspendu. De l’autre côté de la rivière, il semble y avoir un centre d’interprétation du site. Plusieurs photos des gens qui vivent dans le village avoisinant, des photos de la chute aussi. Il y a même un ‘’Avant-Après’’… Ben oui, comme ce n’était pas assez grandiose, les lao ont excavé les chutes pour qu’elles soient plus larges! C’est ben des ping pongries ça! Déçus, on tourne les talons et reprenons la route. Ce site, qui aura coûté le plus cher à visiter, est un site artificiel! Mais si vous ne prenez pas le temps de lire, personne ne vous le dira!

Retour à Paksé assez tôt, bon souper chez notre nouvel ami Appu, le meilleur resto indien de Paksé. On se bourre la face et ce soir on va profiter de la clim pour écrire le blog…


Après une dure nuit à ne pas dormir beaucoup, nous repartons aujourd’hui pour Ban Khiet Ngon, village aux éléphants. La première tentative de balade à dos d’éléphant ayant échoué à cause d’un incompétent ridicule, allons voir cet autre site. Situé à environ 60 km de Paksé, on roule un peu plus vite aujourd’hui. On fait du 60-70km/h. Au bout d’une route de terre rouge, se trouve un village où les gens ont comme seul revenu ou presque, les balades à dos d’éléphant. Il y a 15 éléphants en liberté dans ce village. 13 appartiennent à des familles et 2 au gouvernement. Les villageois sont très gentils et très accueillants, mais malheureusement, personne ne parle anglais ou presque. Nous avions suivi le conseil de notre guide Routard et avons fait réserver notre balade à partir de notre hôtel de Paksé. Entre eux, souhaitons qu’ils sachent se comprendre! Mais rien n’est certain!

Près d’une heure après notre arrivée, le voici ce gros pachyderme! Il (elle) est énorme! On embarque et c’est parti! Ça brasse mes amis! On a de la difficulté à ne pas suivre le mouvement de ses hanches et à se tenir le corps droit! Notre cornac (guide-chauffeur-dompteur) se nomme Mike et l’éléphant, Monique (versions anglo-française de ce que le guide nous a dit, qui était impossible à comprendre!) Toujours sur une route de terre qui traverse la brousse, on monte vers le plateau du Phou Assa, ruines d’un temple qui date de milliers d’années, aussi lieu sacré des laotiens. Les éléphants y sont interdits. Et il est aussi interdit de toucher à une pierre! Le tout est très fragile et les derniers piliers encore debout menacent de s’effondrer à tout instant! Nous n’étions pas très bien préparés pour cette aventure, pas de chapeau, des vêtements courts, pas beaucoup d’eau et un soleil de plomb! Au moins, on avait pensé à la crème solaire! Après une heure, c’est le chemin du retour, l’éléphant s’arrête pour manger quelques fruits, on pose quelques questions au cornac, mais il ne comprend pas, et nous non plus. Fin de cette magnifique aventure après près de deux heures sur le dos de Monique! Total de la balade, 2 KM en deux heures et 120 000 Kip (15$ Can) pour 2 personnes…

Retour à la civilisation en fin de journée, emprunte la route qui longe le Mékong, Paksé est une bien jolie ville (surtout dans les nouveaux quartiers qui longe le fleuve), mais sans attrait réel. Pour profiter de la région, il faut ouvrir nos horizons et sortir…

Le soir venu, nous nous rendons au 7e étage de notre hôtel où se trouve une terrasse avec vue sur toute la ville … et une excellente carte. Nous y dégustons chacun un excellent filet mignon cuit juste à point. Demain nous partirons vers les 4000 iles (iles de Det et de Khone) qui se trouvent à 20 Km de la frontière Cambodgienne… Nous y passerons les quelques jours restants à notre visa Laotiens …