lundi 19 juillet 2010

Le Laos...

Semaine 9 Arrivé au Laos le 13 juillet 2010


Grand départ pour le Laos aujourd’hui! Au terminus, nous rencontrons une famille anglaise qui semble faire le même périple que nous. Deux jeunes filles de 7 et 9 ans, quelle belle expérience pour elles! Nous sommes tous dans le stationnement de ce terminus à regarder quel genre d’installation de ping pong ils vont nous faire! Il y a des bagages sur le toit, d’autres dans le coffre. Puisque nous sommes arrivés d’avance, nous avons des places de choix pour nos sacs! Le fond du coffre, avec ceux de la famille anglaise. Pour s’assurer qu’ils y restent, défense d’embarque avant le grand départ, qui est prévu pour 10h40.

Finalement, 11h05 environ, on décolle, après avoir entassé les boîtes, les sacs, les valises, dans le coffre, sur le toit, tout autour du chauffeur et dans l’allée centrale! Nous avons les premiers sièges à côté de la porte des passagers, donc, entouré de bagages de toutes sortes. Et comme tous les bus que nous avons pris à ce jour, nous faisons la route à pas de tortue pour rentabilisé le convoie, en arrêtant dans les autres gares de bus ou devant quelques commerces qui nous ajoutent quelques boîtes à celle de trop que nous avons déjà!

Pas d’air climatisé dans le bus, on est tassé, le seul moyen de respiré est de garder la fenêtre ouverte! Cinq heures de route avec le ‘’vent dans face’’! Je vais virer folle! Mais je prends mon mal en patience, me dit qu’il y a pire dans la vie et tente de fermer les yeux pour dormir un peu, malgré une vue magnifique des paysages que nous traversons. Nous sommes à l’extrême sud de la Chine, c’est la forêt tropicale. C’est superbe! Après un moment, court arrêt de trente minutes pour diner, on partage un bol de nouille et c’est le retour au bus. Avant d’embarquer, un type tente de nous changer nos yuans restants en dollars américains. Mais avant de partir du Canada, nous avions prévu le coût d’apporter quelques centaines en US, pour pouvoir se procurer nos visas aux différentes frontières, entre autre.

Nous y sommes! Le poste frontalier de la Chine. Une pluie fine pour finir notre séjour ici. On entre pour faire étamper nos passeports, tout va assez vite, pour nous qui sommes parmi les premiers arrivés. De l’autre côté, une pluie torrentielle nous attend! Bienvenue au Laos! Avec son climat tropical et sa mousson! J’ai rarement vu autant d’eau en couler dans les rues. Et comme nous sommes entourés de montagnes de terre rouge, les rues deviennent vitement des rivières… rouges! Le préposé du bus fait la navette avec les passagers, armé d’un parapluie, qui malheureusement, n’est vraiment pas à la hauteur! Encore une fois, il pleut d’en haut, de chaque côtés, en même d’en bas! L’eau vient de partout!

Encore un petit bout de chemin pour arriver au poste frontalier du Laos. Pas vraiment d’indication, une cabane avec des guichets à l’arrière. On arrive vraiment dans le tiers monde. Toute une différence avec la Chine! On passe au premier guichet, présente notre passeport, rempli une fiche d’arrivée. Pour les deux visas, on nos réclame 700 yuans, ce qui fait environ 108$ canadiens. Un peu surpris, notre guide routard nous indiquait que le prix était de 35$... mais bon, avec le temps, les prix peuvent changer! Passons au deuxième guichet, qui nous remet une deuxième fiche à remplir, avec les mêmes questions, mais en plus on nous demande notre race! Je ne réponds à cette question! Tout en remplissant notre fiche, on parle avec un anglais qui est passé au guichet 1 après nous, il a payé 35$ pour son visa! Et les 2 Israéliens, ont payé 32$ pour les leurs! La morale de l’histoire, ne plus passé les premiers! Passe au guichet 3 pour une dernière étape, c’est ridiculement long, on aura vu six personnes en tout pour obtenir un visa de trente jours, payé trop cher et écrit à la main! On retourne à l’autobus, il nous reste environ une heure de route à faire.

À travers la campagne Laossienne, le paysage est splendide. Des montagnes et des vallées, des maisons sur pilotis, une architecture dont on ressent l’influence de la colonisation française, c’est très beau. Notre destination est Luang Nam Tha, petite ville sans nom de rue, qui semble assez paisible. En débarquant du bus, on marche sans nécessairement savoir où nous allons. Avant de partir de la Chine, David avait repéré quelques guesthouses sur le net et dans notre guide, mais puisqu’il n’y a pas d’adresse, c’est à tâtons que nous avançons! Facilement, on trouve celui de notre choix, on s’installe, repart à la marche pour trouvé resto pour souper! Ce soir, dodo tôt… après le meilleur steak sauce au fromage bleu de la Vie!

Pour notre première journée complète, on profite du temps pour se lever un peu tard, prendre un bon déjeuner, trouvé un guichet pour retirer des kips (dollars Lao) et s’informer sur les différentes activités à faire dans les environs. Au resto, on rencontre deux français qui ont loué une moto la veille. David s’informe du fonctionnement de la location, placote un peu avec son accent un peu forcé de bien parler! Quelques minutes plus tard, le français nous demande si nous sommes intéressé à partager un trek avec eux, le coût sera moindre et l’expérience surement agréable. Nous acceptons l’invitation, on se donne rendez-vous plus tard en journée pour finaliser. Plus tard, on rencontre un jeune couple qui revient justement de ce trek, ils sont ravis! Ils parlent d’une expérience mémorable, ils en mettent suffisamment pour me convaincre, quoique déjà pas mal excitée à l’idée déjà. Dodo trop tard pour la journée qui s’en vient…


Durant la nuit, un orage s’abat sur la ville… je pense à demain en me rappelant les paroles de la jeune fille qui disait qu’elle n’aurait pas voulu faire ce trek dans des conditions de pluie… et là, ma tête commence à imaginer le pire, c’est fini, je ne dors plus… Au lever, j’ai l’humeur dans le rouge, souhaitant que tout soit annulé… Mais je n’ai pas été exhaussé cette fois… Le départ aura lieu à 9h30 environ, prévu pour 9h00. Nous sommes bien dans un pays pas pressé! On passe au marché pour que les guides, Sy Ton et Thanoy, puissent faire provision de bouffe pour les 2 jours que nous serons en forêt. Ben oui! 2 jours! Environ 40 minutes de route dans la ‘’boîte du pick-up’’, assis sur une planche de bois un peu rembourré.


Le tuk-tuk (nom donné au pick-up) nous dépose sur le bord de la route, Sy Nouane, le chauffeur barbu, peut-savoir où se trouve la piste dans cette jungle! La végétation est très dense, la piste couverte, et puisqu’il a plu la nuit dernière, tout est mouillé et extrêmement glissant! On commence notre ascension de la première montagne, ce n’est pas facile dû à l’eau et à l’humidité .Nous traversons plusieurs petits courts d’eau et le ‘’sentier’’ est plutôt difficile. À plusieurs reprises, je me ramasse sur le cul à glisser à travers les branches, les roches et dans la boue. Pourtant nous sommes bien équipé, de bonnes chaussures de marches, de bons vêtements, mais il manque une seule chose, un sol stable! David a la mauvaise tâche de porter notre sac, ce qui lui ajoute un facteur de difficulté.


Après environ trois heures de marche, nous sommes au x ième sommet, on nous sert notre diner sur des feuilles de bananiers! On est sal, de la boue partout, on mange avec nos mains, légumes cuits, viande avec une sauce tomate épicée, riz gluant (spécialité du pays), et banane en dessert. Après ce festin, on reprend la route en direction d’un village Akha, une tribu qui vie isolé au milieu des montagnes, où il y a depuis deux ans seulement une route qui les relient au reste du monde. On marche sous un soleil de plomb, la piste est très exigeante… Au bout de trois heures de marche cette fois, nous y sommes, dans ce village tant attendu.

Au milieu de nulle part, vit une tribu d’environ 45 familles, avec très peu de moyens, sans électricité, ni d’eau potable, entremêlé de chiens, de chèvres, de poules, de coqs et de nombreux cochons en liberté. Le soleil est toujours aussi fort, malgré qu’il soit déjà 17h00 environ. Et je ne vous parle pas de l’odeur… tous ces animaux en liberté, et pas d’installation sanitaires dans les maisons… C’est au haut de la colline que nous passerons notre prochaine nuit, dans une hutte qui ressemble à une ‘’long house’’ du temps des amérindiens. On prépare notre paillasse pour la nuit, à l’autre bout de la hutte, sur le feu, le riz est en préparation.

Un peu partout dans le village, on aperçoit des petites cabanes sur pilotis. Sy Ton nous explique que se sont des ‘’love shack’’! Les jeunes peuvent y avoir des relations sexuelles avant le mariage, et une fois mariés, ils peuvent vivre chez les parents ou avoir leur propre maison! Imaginez tout ce que vous voulez pour l’intérieur, nous n’avons pas visité!

Après une telle journée d’effort, on a droit à une récompense! Après arrangement entre le guide et une personne du village qui a une réserve de bières, on achète 12 bières pour que nos amis français, les 2 guides et nous en ayons 2 chacun! Rien pour prendre un coup! Juste pour relaxer. Le guide s’offre pour transporter les sacs de bouteilles et me charge du Lao Lao whisky local. En passant devant une maison, le guide s’arrête et me donne un sac, en garde un et monte rejoindre la bande qui s’y trouve. Il m’annonce que nous devons faire offrande au grand chef et qu’il réclame 5 bières! J’en perds pratiquement mes moyens et lui cri un ‘’WO! NO WAY!!’’pas très contente. Gêné il me remet les bières, David lui en donne 2, les siennes (!) et lui dit qu’il peut en faire ce qu’il veut maintenant!

Encore un fois, nous nous retrouvons au milieu de funérailles… mais cette fois, ils ont fait offrande d’un buffle pour l’homme qui est mort. Au milieu du village, sur un énorme tapis de feuilles de bananier, des morceaux de la bête son dépecé… avec parfois un cochon ou un chien qui réussi à partir avec un morceau de viande… Les funérailles de Mamie Ping étaient pas mal moins dégoûtantes! Une fois les cérémonies terminées, nous sommes la nouvelle attraction! Les gens viennent à tour de rôle nous regarder. Ils entre, s’assoient et nous observent. David les impressionnent avec le ipod, leur montre des vidéos, leur fait entendre de la musique, ils sont intrigués! Et à tour de rôle, on nous apporte aussi de bons plats tous frais… du foie de buffle, des trippes de buffle, des ‘’je-ne-sais-quoi’’ de buffle… c’est assez pour nous couper l’appétit pour la prochaine semaine. Et ils insistent pour qu’on y goûte… C’est HORRIBLE! Pas de photo, juste le souvenir de ce que j'ai vu est suffisant...

Finalement le souper, on a plus très faim, après avoir senti tous ces abats, mais on mange le riz et quelques légumes. En soirée, la maison se remplie de monde qui vient nous observer et… cracher sur notre plancher! Les femmes du village sont là pour nous offrir un massage. On se plie au jeu, c’est la pire expérience de massage que j’aie vécu! Elles nous font des pressions avec leur poings, des chevilles jusqu’au cou, c’est désagréable, ça fait mal mais puisque la communication est impossible avec elles, elles continuent tout en rigolant de nos souffrances. Au bout de quelques minutes, c’est terminé et c’est tant mieux. La maison se vide, laissant quelques uns qui voudrait bien les quelques bières déposées sur la table. Les filles se couchent, sous les filets et sur les couvertures remplies d’acariens et de moisissures, tandis que les gars restent à jaser de la vie avec les guides. Durant la nuit, on entend les cochons sous nos paillasses. Il y a encore tout une odeur… Tentons d’oublier pour dormir un peu…

Au lendemain matin, déjeuner un peu spécial de soupe au choux avec des œufs, de riz gluant et le reste du bœuf du souper d’hier pour David! Déjeuner beaucoup trop lourd pour la journée de marche qui s’annonce… mais bon ce n’est pas nous qui décidons! Vers 10h00, nous reprenons la route. Nous avons choisi le ‘’short way’’ à l’unanimité pour le retour. Encore, nous marchons sous un soleil de plomb, sans ombre sur la route de terre. Après environ une heure de marche, on grimpe une falaise, et reprenons la piste dans la jungle. Le parcours est vraiment plus facile qu’hier et c’est tant mieux.

Au bout de 2 heures de marche, nous rejoignons la route pavée où le tuk-tuk doit venir nous chercher. Juste avant de terminer, on en profite pour se rafraîchir un peu dans une rivière non loin, ça fait du bien, il fait environ 45°C aujourd’hui. Mais puisque nous sommes 2 heures plus tôt que prévu, pas de transport disponible, on marche le long de cette route qui nous mène dans un petit village où nous cassons la croûte sous une maison pour bénéficier d’un peu d’ombre. Touille, notre chauffeur, arrive enfin, retour dans la boîte de pick-up jusqu’à notre hôtel… Une douche d’au moins 30 minutes pour chacun, et nous retrouvons nos amis de trek pour un fabuleux repas et une bonne bière froide!

Je suis très heureuse d’avoir fait ce trek, d’avoir vu la jungle de l’intérieur, d’avoir visité un village qui semble vivre à la préhistoire. Je suis particulièrement fier de moi d’avoir surmonté la douleur physique dû à mes nombreuses chutes sur le sentier, d’avoir affronté une chaleur torride, même notre guide ne peut estimer le nombre de km marchés. Fière d’avoir surmonté mon dégoût à plusieurs niveaux, en fait, très fier d’avoir dépassé mes limites et sortie de ma zone de confort…

De plus nous avons rencontré un couple génial, avec qui nous avons eu beaucoup de plaisir à travers ces épreuves!

Flan et Catin, sans vous, ça n’aurait jamais été aussi agréable! Au plaisir de vous revoir!

Une magnifique Aventure…

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